Deux jours sur l’île de Maupiti

L’ile de Maupiti est située à 180 milles dans l’ouest de Tahiti. 1500 habitants y préservent un art de vivre bien polynésien, ayant voté contre la construction de grands hôtels. Les seuls visiteurs de passage résident dans des petites pensions à l’ancienne, où l’on soupçonne l’usage désuet du rond de serviette.

La seule passe d’accès, très dangereuse, dissuade beaucoup de skippers d’y venir. Nous l’avons franchie après avoir lu et relu les instructions nautiques, étudié la météo du vent et de la houle, découvrant le passage étroit entre les déferlantes au dernier moment. Un grand coup de moteur dans l’alignement pour dominer les courants nous a propulsé de l’immense océan vers le lagon. Ouf, on est rentré. Nous sommes trois voiliers en tout et pour tout dans le lagon émeraude qui ceinture l’ile. Gaffe aux innombrables patates de corail qui font passer brutalement les sondes de dix mètres à 50 centimètres, ainsi qu’aux bancs de sables où même un enfant a pied.

Notre premier contact est établi avec un habitant de l’île qui, pour une semaine de congé, se retire dans sa campagne, le motu Pitiahe. Il y demeure dans une cabane construite en rondins et palmes de palmier. Il nous offre de choisir parmi les poissons qu’il vient de pêcher. Deux belles carangues et un beau poisson ressemblant à un gros rouget feront notre affaire. Il refuse fermement l’argent qu’on lui propose. C’est cadeau et cela lui fait autant plaisir qu’à nous. Merci Monsieur.

Le lendemain, l’aube pointe à 5h30. Le soleil s’élève quasi à la verticale. Une barque rejoint un motu sur l’eau à peine ridée du lagon. Dans le lointain, à 27 milles nautiques, se dresse le relief en cloche de l’ile de Bora Bora.

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Avec Catherine, nous avons décidé de rejoindre le sommet de l’ile à 370 mètres. Cette altitude n’impressionne pas … mais cette ballade n’est pas si innocente. A 7h ce matin il fait 30°, le soleil est haut, l’humidité très élevée, le chemin est raide, voire escarpé, avec plusieurs passages de corde. Nos vêtements légers sont trempés de transpiration au premier tronçon de la montée.

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Un régal! La vue porte rapidement au dessus de la montagnette tropicale et surtout sur le lagon. On a sous les yeux une synthèse parfaite de la géographie des lieux. Au centre, nous marchons sur le sommet de l’ancien volcan. Un premier cercle ,dessine une étroite bande de terre où le village s’étend. Sur un second cercle brille le lagon de largeur et de profondeur variable, repérable à sa couleur. Sur un troisième cercle c’est un patchwork de motus couverts de cocotiers. Enfin un quatrième cercle constitue la ligne de défense avec la la barrière de récif corallien où déferle la houle. Au delà le Pacifique. Une géométrie parfaite.

 

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L’ile de Maupiti serait la plus ancienne des iles de l’archipel de la Sociéte. Le volcan est maintenant bien enfoncé et érodé. Encore quelques millions d’années le volcan aura disparu et il ne restera plus que le lagon, protégé par l’édifice de corail, encore bien vivant on l’espère. Comme aux Tuamotu.

C’est un plaisir extraordinaire de voir d’en haut cet ordre de la nature, avec tout en bas notre beau voilier élégamment posé sur le lagon. Plaisir de randonneurs. Plaisir de voileux. Plaisir de voyageurs. Plénitude quand tu nous tiens…

Lorsque nous atterrissons au village au retour, nous buvons d’un trait un litre d’eau de coco et reconstituons notre stock de mangues, 1000 francs polynésiens pour 6 kg de mangues fruitées, à peine épicées, on en mange à satiété.

Sur le chemin du mouillage, les tombes fleuries en ce jour de Toussaint (30°!), pas de cimetière ici, on garde ses morts dans son jardin, en famille pour toujours. Puis ces superbes bâtis qui permettent de sortir les barques de l’eau. Quelle simplicité! Des maisons sans prétention, genre bassin d’Arcachon il y a 100 ans.

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Sur le bateau nous retrouvons Jean et Marie, qui de leur côté, ont fait le tour de l’ile à pied, guidés par le Prince Albert de Maupiti, du moins est-ce comme cela qu’il s’est présenté à eux. Celui de Monaco n’a qu’un rocher. Lui il a une île, un lagon, un aquarium immense. Imbattable.

On est pas mal ici.

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